Levés à 7h, comme chaque jour, nous commençons la journée par un petit
déjeuner au soleil sur la terrasse de l'hôtel, confortablement assis dans nos
rocking-chairs.
Le réveil se fait tout en douceur, par le bruit de la rivière qui coule
quelques mètres plus bas, et le petit vent frais qui souffle sur la terrasse
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| Le beer-bear qui "décorait" le jardin de l'hôtel |
Avant d’entamer les quelques heures de route qui nous séparent de Death
Valley, nous passons au grocery store pour y effectuer un ravitaillement en
eau. En effet, la vallée de la mort étant un immense et aride désert, il est
recommandé de partir avec 4 litres d’eau par personne. Nous achèterons donc 2
nouveaux gallons d’eau, et un paquet de cookies pour un éventuel creux en
route.
A quelques kilomètres de l’entrée de Death Valley, nous nous arrêtons à la
station essence de Trona pour y faire le plein d’essence. « No more gas » nous indiquera-t-on. « Next station in 60 miles ». Seul
problème, rien ne dit qu’il y aura vraiment de l’essence là bas, et la jauge du
réservoir laisse supposer que l’on aura du mal à atteindre cette destination…
Seule solution, faire demi-tour. Nous perdons ainsi une bonne heure à retourner
22 miles en arrière à Ridgecrest, qui nous avait semblé être une ville
suffisamment grande pour y trouver plusieurs stations-services.
Après ce léger contretemps, nous repartons en direction de Ballarat, sur la
route de Death Valley, indiquée dans nos guides comme « ville fantôme ».
Ballarat fût créée en 1896, et servit de point de ralliement des chercheurs d’or
de la région. La ville fut d’ailleurs nommée Ballarat par un jeune immigrant
Australien, qui décida de l’appeler ainsi puisque Ballarat est une ville
Australienne bâtie au milieu des années 1850, lors de la ruée vers l’or
Australienne.
| Le dernier vestige de Ballarat |
Sans le savoir – puisque nous découvrons l’histoire de Ballarat seulement
au moment où nous écrivons cet article – nous avons parfaitement fait honneur à
l’Australie lors de cette étape : Rom ayant ramené un boomerang acheté à
Sydney et jamais testé auparavant, nous profitons du désert autour de nous pour
tester l’engin.
Personne ne réussira à faire revenir le boomerang exactement là où il l’avait
lancé, mais cette activité aura eu le mérite de nous dégourdir les jambes et de
tester la fameuse arme des aborigènes.
| Premier lanceur, Chewie |
| Deuxième essai, Rom |
Nous reprenons la voiture et arrivons un peu plus tard à Furnace Creek, où se
trouve le visitor center de Death
Valley. C’est ici que fut enregistrée la température la plus élevée jamais
relevée en Amérique : 56,7°. Nous récupérons une carte des environs et descendons
ensuite à Furnace Creek Ranch, pour y chercher à manger, ainsi qu’un chapeau
pour Cong.
| Pause achats |
Nos guides nous indiquent 5 spots principaux à visiter : Devil’s golf
course, Badwater, Natural Bridge, 20 Mule Team road, et Zabriskie point.
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| La carte récupérée au Furnace Creek visitor center |
Premier arrêt : Devil’s golf course. Il s’agit d’un grand plateau
couvert de sel et de boue séchée. A notre arrivée, la pancarte nous indique qu’il
est possible d’y trouver des salt eggs,
gros amas de sel en forme d’œuf. Nous n’en trouverons évidemment aucun, et
repartons en direction de Badwater.
Quelques miles plus bas, nous arrivons à Badwater. Il s’agit du point de plus basse altitude dans l’hémisphère nord. En effet, nous sommes à 85,5m en dessous du niveau de la mer, comme l’indique le panneau ci-dessous.
Pour mieux nous rendre compte de cette différence d’altitude, une pancarte accrochée
à la falaise nous indique le niveau de la mer. Nous nous sentons vraiment
petits lorsque nous réalisons que toute cette plaine qui nous entoure a un jour
été remplie d’eau.
Le sol est couvert d’une couche de sel d’environ 2cm, dans laquelle les touristes
ont écrit leur nom, dessiné un cœur, ou indiqué leur origine. Nous piétinerons
sans pitié un « TAIWAN » gravé dans cette croûte salée.
Contrairement à ce que nous pensions, la chaleur est loin d’être
insoutenable. Le thermomètre de la voiture indique 94°F, soit 34,4° Celsius. Bien
loin du record local.
Prochain stop : natural bridge. Une petite marche de 30 minutes sans
grand intérêt, sinon de passer sous une arche naturellement creusée dans la
roche… Rien de bien folichon.
| Natural bridge |
En remontant vers Furnace Creek, nous empruntons le chemin d’Artist Drive.
Il s’agit d’une petite route en zig-zag qui serpente parmi les méandres de
Death Valley. Artist Drive tient son nom du fait que les flancs de la montagne
font penser à la palette d’un peintre : on distingue du rouge, du vert, de
l’ocre, du noir, et toutes les nuances possibles entre ces couleurs.
Le paysage pourrait faire penser que nous sommes devant une immense étendue
d’eau à marée basse, mais les eaux du lac se sont retirées déjà depuis
plusieurs milliers d’années, et les collines ne sont plus irriguées que par les
rares pluies qui tombent sur Death Valley.
Notre dernier objectif de la journée est d’assister au coucher au coucher
du soleil sur Zabriskie point, comme nous l’ont conseillé unanimement tous nos
guides. Puisque nous avons quelques minutes de marge devant nous, nous empruntons
le chemin dit de « 20 Mule team drive ». Ce chemin à travers les
collines de Death Valley tient son nom du fait que les chercheurs d’or
partaient parfois avec un convoi de plus de 20 mules, puisque nombre de
celles-ci venait à mourir lors du périlleux voyage.
Ce chemin est l’occasion pour nous de monter sur une des nombreuses
collines de la vallée, et de prendre un peu d’altitude sur cet immense décor.
Nous arrivons enfin à Zabriskie point, une heure environ avant le coucher
du soleil. L’occasion pour Cong de trouver un bon spot photo où caler son
trépied.
| Bogoss #1 qui s'installe au soleil |
| Bogoss #2 qui sirote sa bière |
Nous nous asseyons alors sur le rebord de Zabriskie point, comme sur le
rebord du monde, en attendant que le soleil se couche. Le paysage qui se
présente à nous est magnifique. Au fur et à mesure que le soleil descend, les
falaises de Death Valley changent de couleur, de relief, et de température.
| Après le coucher du soleil |
Pour mieux profiter de l’instant, nous ouvrons une boite de pringles et une
canette de Bud. A cet instant, nous
sommes réellement les rois du monde J
20 heures passées, nous prenons enfin la route pour Las Vegas, où nous
devons retrouver Mickey vers minuit.
Cong dort profondément à l’arrière de la voiture. Rom et Chewie voient déjà
l’objectif approcher, puisqu’à 120km de l’arrivée un halo de lumière se détache
dans la nuit noire. Ce sont les lumières de Vegas, déjà visibles, vers
lesquelles nous nous dirigeons en écoutant des albums de la Rue Kétanou et de
Manu Chao.
Une grosse heure plus tard, nous voilà à Vegas. Nous ne passons pas sur le
strip, mais passons derrière les hôtels principaux de la ville. Le Ceasar
Palace, le Bellagio, puis le New-York New-York nous passent sous les yeux. Nous
voyons de loin la tour Eiffel locale, puis le grand huit qui traverse les
salles du NY-NY. Malheureusement, nous ne profiterons pas de Vegas avant deux
semaines.
Arrivés au Best Western de l’aéroport, nous essayons de nous renseigner sur
l’heure d’arrivée de Mickey. Nous avons beau chercher parmi nos 430 mails de
préparation du voyage, Mickey ne nous a jamais donné de détails sur son vol…
Après 30 minutes de recherches Google/Air France/Delta Airlines, nous avons
enfin une idée de l’heure d’arrivée de Mickey, et nous rendons à l’aéroport
pour l’accueillir.
Après 2 heures d’interminable attente, nous retrouvons enfin Mickey, en retard, fidèle à lui-même.
Rom, Cong et Chewie sont tellement fatigués que personne ne pensera à prendre
l’arrivée de Mickey en photo... Tant pis pour lui, il n’avait qu’à nous donner
les détails de son vol.
Comme personne n’a mangé depuis bien longtemps – à part Mickey qui a testé
le Burger King de Detroit – nous partons nous « restaurer » à l’in-n-out
le plus proche de l’aéroport.
Il est 1 heure du matin, et nous testons le « double-double » de ce fast-food
encore inconnu. Après une attente de 20 minutes, nous recevons nos burgers.
Rien de bien appétissant à première vue, mais nous avons tellement faim que le
menu passe tout seul.
Nous rentrons enfin à l’hôtel, épuisés, et ne nous coucherons pas avant 3 heures du matin.
Exceptionnellement, nous mettons le réveil à 8 heures pour nous accorder un
semblant de grasse matinée.
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Passionnante cette traversée de la Death Valley !
RépondreSupprimerJ'ai tout particulièrement apprécié l'historique de Ballarat, ville que j'avais pu visiter en Australie et qui, effectivement, doit sa fortune à la ruée vers l'or de 1850. Évidemment le Ballarat américain n'a pas la même allure que son homonyme australien…